Séminaires
Durée, sujet, interaction, adaptation au public, budget : les critères pour choisir une conférence sur la prise de décision qui marque vraiment vos collaborateurs, et les questions à poser avant de signer.

La prise de décision fait partie des thèmes les plus demandés en séminaire, et pour cause : tout le monde décide, à tous les niveaux de l’entreprise, souvent vite et avec des informations incomplètes. Un manager arbitre entre deux projets, une équipe commerciale choisit ses priorités, un comité de direction engage l’entreprise pour plusieurs années.
Pourtant, une conférence sur le sujet peut vite tourner à l’exposé théorique : biais cognitifs listés les uns après les autres, matrices de décision projetées à l’écran, et un public qui décroche au bout de vingt minutes. Voici les critères pour choisir un format qui marque vraiment vos collaborateurs, et les questions à poser à l’intervenant avant de vous engager.
1. Définir ce que vous attendez de la conférence
Avant de comparer les intervenants, clarifiez votre objectif. Une conférence de séminaire peut remplir des rôles très différents :
- Donner de l’élan : en ouverture, elle installe un état d’esprit pour la suite de la journée.
- Prendre du recul : en clôture, elle aide à relier ce qui a été vécu aux enjeux du quotidien.
- Transmettre des outils : elle propose des repères concrets que chacun pourra réutiliser.
- Créer un moment commun : pour une convention qui réunit des équipes qui ne se croisent jamais, elle offre une référence partagée.
Selon l’objectif, le ton, la durée et la place dans le programme ne seront pas les mêmes. Un intervenant sérieux vous posera d’ailleurs la question dès le premier échange.
2. Choisir une durée adaptée au moment
En ouverture ou en clôture de séminaire, 45 minutes à une heure suffisent, questions comprises. Au-delà, l’attention baisse nettement, surtout en fin de journée. Si la conférence suit un atelier pratique, vingt minutes peuvent même suffire : le public a déjà vécu ce dont on va parler, et l’intervenant n’a plus qu’à mettre des mots dessus.
C’est le format que nous avons proposé à Groupama : une matinée d’échecs en petits groupes, suivie d’une conférence de vingt minutes, puis de quarante minutes de questions. La conférence était courte, mais chacun avait en tête des décisions prises une heure plus tôt sur l’échiquier.

3. Privilégier les exemples concrets
Les meilleures conférences partent de situations que le public reconnaît. C’est tout l’intérêt des métaphores comme le sport, la navigation ou les échecs : elles rendent visibles des mécanismes que l’on vit chaque jour sans les voir.
Aux échecs, chaque coup est une décision prise avec des informations incomplètes, sous la pression du temps, face à un adversaire qui réagit. On voit immédiatement les conséquences d’un choix, ce qui est rarement le cas au travail. Une position bien choisie permet de montrer en trente secondes ce qu’un schéma mettrait dix minutes à expliquer.
Méfiez-vous en revanche des conférences qui empilent les anecdotes spectaculaires sans fil conducteur. Le public rit, applaudit, puis oublie. Une bonne conférence tient en quelques idées simples que chacun peut résumer en sortant de la salle.
4. Prévoir un vrai temps d’échange
Les questions sont souvent le moment le plus riche, parce que le public y apporte ses propres situations. Prévoyez au moins quinze minutes, et davantage si le groupe est grand.
Une astuce qui fonctionne bien : faire intervenir plusieurs personnes aux profils différents. Chez Groupama, trois intervenants ont répondu ensemble aux questions : un enseignant et conférencier, une championne du Brésil et un joueur classé plus de 2100 Elo. Sur chaque question, le public a entendu trois expériences différentes, et les échanges ont duré quarante minutes. Lire l’étude de cas.

5. Exiger un contenu adapté à votre entreprise
Une conférence générique se sent tout de suite. Demandez à l’intervenant comment il adapte son propos : vocabulaire de votre secteur, exemples liés à vos enjeux, ton plus ou moins formel selon le public. Une conférence écrite avec les mots du client porte beaucoup plus qu’un discours identique pour tout le monde.
Quelques questions utiles à poser lors du premier échange :
- Comment préparez-vous la conférence ? Avez-vous besoin d’un brief sur notre public ?
- Pouvez-vous intégrer un ou deux exemples liés à notre métier ?
- Quelle interaction prévoyez-vous avec la salle ?
- Que reste-t-il aux participants après la conférence : un support, une fiche, une ressource ?
6. Vérifier la langue et le format
Pour les équipes internationales, assurez-vous que l’intervenant peut tenir la conférence et les questions en anglais, avec le même niveau d’aisance. Vérifiez aussi les besoins techniques : écran, micro, télécommande, connexion. Un incident technique en début de conférence peut coûter les dix premières minutes, celles qui comptent le plus.
7. Penser à l’après
Ce qui reste d’une conférence se joue souvent après. Un support récapitulatif, distribué à la sortie ou envoyé par email, prolonge l’effet. Chez Groupama, chaque participant est reparti avec une fiche mémo d’une page reprenant les idées clés et des ressources pour continuer à jouer.
Notre conférence « Cinq façons de décider »
En une heure, Antoine Beaufils, fondateur de 64 Squares, montre cinq façons de décider à partir de positions d’échecs. Aucune connaissance du jeu n’est nécessaire.
- Modéliser : le barème est extrêmement utile, et il est faux. Nos outils de décision simplifient le réel, il faut savoir quand s’en écarter.
- Anticiper : rien n’est gratuit, tout est différé. La seule question qui compte, c’est ce qui se passe les coups d’après.
- Arbitrer : ne rien risquer est un choix comme les autres, et il a un prix.
- Décider : c’est aussi décider quand on arrête de calculer.
- Expliquer : rendre un raisonnement lisible pour quelqu’un qui ne pourrait pas le trouver seul.
La conférence s’adresse à des groupes de 30 à 300 personnes, en français ou en anglais, et peut être précédée d’un atelier pratique. Découvrir la conférence.
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